Les Clés de Fort Yameld Index du Forum
Les Clés de Fort Yameld Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

Saison n°1 du jeu d'écriture

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Les Clés de Fort Yameld Index du Forum -> DISCUSSIONS HRP -> ARCHIVES -> Parties abandonnées -> ACTIVITES EXTRA-RÔLISTES -> Jeux de Mots -> Jeu d'écriture
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
angeldust
Poudre à Canon

Hors ligne

Inscrit le: 13 Fév 2011
Messages: 6 408
Localisation: Région parisienne
Masculin Sagittaire (22nov-21déc) 龍 Dragon
Lanceur de Dés: URL
Scramble (Grille): URL

MessagePosté le: Lun 6 Fév - 11:16 (2012)    Sujet du message: Saison n°1 du jeu d'écriture Répondre en citant

Jeu n°1:
Sujet: "Commencez votre texte par "Il était une fois" "
Gagnant: James


Jeu n°2:
Sujet: "Rédiger une nouvelle qui devra obligatoirement inclure la citation suivante "C'est une belle journée pour mourir, ne trouvez-vous pas !?""
Gagnant: Angeldust



Jeu n°3:
Sujet: "Rédiger une nouvelle qui devra obligatoirement inclure la citation suivante "Un Ange passe""
Gagnant: Egalité entre Karkared et Angeldust



Jeu n°4:
Sujet: Inspirez vous de l'image suivante pour rédiger un texte:

Gagnant: Glavion
_________________

Lancedragon (Sturm).
Mekton Z (Yoko Hakuyasu).
Mountain of Madness (Prof Muller)
Vampire (Erik)
Nobilis (???)
Tir Mor (???)


Patient 13
Qin
ResPublica Romana
Battlestar Galactica
Dungeon Crawl
Appel de Chtulhu
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Lun 6 Fév - 11:16 (2012)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
angeldust
Poudre à Canon

Hors ligne

Inscrit le: 13 Fév 2011
Messages: 6 408
Localisation: Région parisienne
Masculin Sagittaire (22nov-21déc) 龍 Dragon
Lanceur de Dés: URL
Scramble (Grille): URL

MessagePosté le: Lun 6 Fév - 11:19 (2012)    Sujet du message: Saison n°1 du jeu d'écriture Répondre en citant

Je remets dans le désordre et sans les sujets les différents textes primés:

Mes derniers mots...
Glavion


Mon Amour...

Je t'écris ces mots dans un ultime effort,
Alors qu'à présent je sens mes forces me quitter.
Je n'aurai pas la chance d'apercevoir l'aurore,
Car je suis, sache le, mortellement blessé.

Je parcours, tu le sais, les contrées sauvages en quête d'inspiration,
Poète que je suis, je sillonne le vallées et les monts.
C'est à l'aventure que je créé mes plus beaux vers,
Mais un terrible danger m'a, hélas, rattrappé hier.

Alors que je marchais sous le ciel étoilé,
J'entendis de sinistres hurlements provenant des fourrés.
Je m'apprétais, par instinc, à rebrousser chemin,
Mais à peine me retournai-je,
Que je les vis les vingt.

De féroces loups sauvages affamés par le froid,
m'encerclèrent en ce lieu, piégé tel une proie.
Conscient que mon heure était venue,
je levai les yeux au ciel, vers les arbres feuillus.
Dans l'espoir d'un miracle, je récitais des prières,
Terrifié que j'étais, dans cette sombre clairière.

Un être supérieur m'a sans doute entendu,
Car je vis bientôt un chasseur sortir de la nuit.
Tel un guerrier farouche et l'arc tendu,
Il chargea d'un pas décidé les nombreux ennemis.
Une bête m'avait déjà sauté à la gorge mais une flèche l'atteignit,
Et l'animal, inerte, s'effondra sans un bruit.

Le combattant furieux me somma de m'enfuir,
Et que pendant ma fuite, il les retiendrait.
Pour sa vie je craignais le pire,
Mais n'osait en aucun cas le contrarier.
Je ne sais pas ce qu'il advint de lui,
Mais je crains qu'il n'y ait perdu la vie.

Son aide ne fait pourtant que retarder l'heure de ma mort,
Car, mon sang coule à flot et mes forces s'évaporent.
Ma chérie, je t'aurai aimé jusqu'à la fin de ma vie,
Et j'espère sincèrement qu'un jour tu liras cet écrit.








Horloges
Karkared

L’horloge tournait. C’était une reproduction fidèle d’une mécanique de la Terre et, pour cette raison, elle avait été en quelque sorte la mascotte du bar. Même si on ne venait pas pour elle : on venait pour le Gouffre, cette abyssale balafre qui tranchait presque la planète en deux, aurait-on dit. Ce Gouffre et l’horloge étaient les deux attractions de la planète depuis que les mondes au-delà avaient été explorés et partiellement colonisés, laissant celui-ci vide de quiconque.
Hormis le barman.
L’horloge tournait, et quand elle sonna trois heures l’homme activa ceux des robots-serveurs qui fonctionnaient encore. Ils n’allaient plus tarder.
De fait, à trois heures un quart, ils entrèrent. Toujours à l’heure, tellement à l’heure qu’il se réglait sur eux pour réviser l’horloge.
Il y avait là les pilotes, les mécaniciens, les sous-officiers, les passagers et leurs serviteurs. Toujours les mêmes. Il les connaissait par cœur, savait quelles places ils prendraient et quelles boissons ils commanderaient. Le bar était soudain plein de vie et on ne sentait plus la légère odeur de poussière qui s’était infiltrée malgré les soins du barman.
L’horloge tournait, c’était encore les mêmes échanges qui roulaient tandis que les boissons atterrissaient sur les tables et que les verres en repartaient.
« Quel monde horrible, disait Jiparee Ondrill (représentant en matériel minier). Je passe ma vie dans de tels endroits, mais au moins il y a du monde autour. Ici, nous sommes seuls. Tout est mort. »
« Si vous voulez de la vie, répliqua Burr Farris (enseigne du vaisseau), visitez Deoria, le sommet de la civilisation. On y connaît tous les plaisirs. »
Cela déclencha l’habituelle querelle avec la table voisine, peuplée de ressortissants de l’empire de Deneb. Non, non, tenta le barman, ne vous disputez pas. Cessez. Mais il n’arriva à rien.
Plus loin, un jeune homme nommé Vagril confiait ses craintes à un officier de réserve, déjà rappelé, dont la barrette indiquait le nom de Biron. Biron faisait appel à son patriotisme pour calmer son jeune interlocuteur.
« On dit qu’ils ont des armes terribles, » osa Vagril.
« Si c’est le cas, soyez sûr que nous aussi, gloussa Biron. Nous, dans l’empire de Véga, nous sommes à la pointe de la science, grâce à nos grands dirigeants. Ils ne se lanceront pas là-dedans à la légère. »
« Mais est-ce bien la peine de nous faire revenir de si loin ? Je veux dire, les milliards de gens là-bas, ils… »
« C’est là notre devoir. Pensez que ce sont ces mondes qui ont financé nos colonies. Il est normal qu’en temps de péril, nous revenions tous les aider à rétablir leur bon droit. Cela sera bref, vous verrez. »
Oh, que vous vous trompez, pensa le barman. Mais il avait abandonné pour ces deux-là.
L’horloge tournait. Il la regardait sans cesse, affolé de voir filer le temps. Il allait de table en table, tentait de changer le cours des conversations, de retourner une conviction ici, de faire durer un débat là. Il avait de la pratique, mais c’était toujours en vain, bien qu’il voulût chaque fois retenter sa chance.
L’horloge lui indiqua qu’il était temps de mettre son plan en action. Il avait déjà tenté bien des pirouettes, et il allait voir si sa technique s’était améliorée depuis le temps. Heureusement, le public n’était pas exigeant et dénué de toute mémoire. Il monta donc sur scène, poussa la chansonnette et fit les cabrioles que lui permettait son corps. Il obtint un succès poli, qui mena Eva Stringsitt (la cantatrice de Fomalhaut) à le suivre sur scène. Comme toujours, elle dédia son ode à tous ceux qui étaient là et qui se retrouveraient peut-être au retour du navire, et donc à ceux qui ne reviendraient pas pour des raisons comme on en a tant d’exemples en temps de guerre. Tous firent bonne figure pour ce grand élan de solidarité humaine éphémère.
L’horloge tournait et la chanson se terminerait bientôt. Le barman se démena, il fit son possible pour faire durer les choses, il offrit une tournée d’adieu, il chercha à lancer un chœur, mais rien n’y faisait. Comme toujours, les officiers navigants firent le tour des tables et les hommes d’équipage, puis les passagers se levèrent. Et il ne put rien y faire.
La chanson finie, comme toujours, un ange passa, et sema sur son passage un silence si assourdissant qu’on eût dit un cri qui avait soufflé les conversations. Tous se levèrent et la foule se dirigea vers la sortie, au-delà de laquelle elle monterait la passerelle et gagnerait ses postes ou cabines pour le grand départ.
Au moment où le dernier d’entre eux passa le seuil de la pièce, sans se retourner, le silence se déboucha d’un coup, la lumière tomba, les verres se vidèrent. Les robots se figèrent tous, paraissant, comme toujours, surpris de ne plus avoir de clients à servir.
Seul restait le barman, qui regarda l’horloge. Six heures moins le quart. Etaient-ils restés plus longtemps ? peut-être une minute. Juste une minute, à comparer aux trois minutes de moins de la fois d’avant, mais il avait depuis longtemps renoncé à tenir des comptes. Il ne lui restait que l’espoir. Peut-être un jour, réussirait-il à les faire rester, et il ne serait plus seul. Il y avait si longtemps qu’il était seul.
Il sortit et regarda le ciel vide, où aucun navire n’avait laissé de traînée depuis des années. Il vit l’espace noir au-delà de l’atmosphère, où ses yeux fatigués peinaient désormais à discerner les étoiles. Il y avait eu cinquante mondes là-haut, cinquante planètes habitées pleines de vie.
Et il savait, sans y avoir jamais été, que sur chacune de ces sphères, toutes les horloges s’étaient arrêtées à la même heure, il y avait tant d’années de cela.








Quitte ou double
James

Il était une fois un putain d’article. Cet article était coincé quelque part dans mon esprit, dans les profondeurs brumeuses d’une nuit d’insomnie.
Je n’arrivais à rien. Aucun mots ne venaient parcourir le long chemin de ma tête jusqu'à mes doigts qui restaient à agiter l’air, quand je n’attrapai mon verre de whisky.

Il est des nuits ou il faudrait lâcher prise quand on sent que sa ne viendras pas. J’étais en train d’opiner du chef devant ma machine à écrire, en train d’exploser mon quotas de cigarettes. J’allumai la septième en moins d’une heure. Je me bottai le train et les nerfs pour taper une accroche qui aurait pu me faire sortir de mon état léthargique. Je tapais une phrase d’une banalité si affreuse, qu’elle n’aurait pas arrachée une larme à un chien.

Je tirais la feuille de la machine, contemplais les 6 mots qui se battaient en duel dans une phrase alambiquée et sans contenue.

Je chiffonnais la page, l’envoyait dans la corbeille et en replaçais une nouvelle dans la machine. Des images se superposèrent devant moi, avec d’autres qui ne cessaient pas de me retourner le ventre et l’esprit.

Je revoyai les images en décalés de Pete, ou Peter George Dustin. C’était un cador de la boxe à Heaven Harbor. Il explosait les scores et les nez comme personne. Je l’avais rencontré en octobre 1945, au retour de la guerre. C’était déjà un colosse, qui tournait dans le circuit « free fight » ou il avait faillit finir estropié. A l’époque je n’étais qu’un pigiste au carnet sport du Harbor Chronicle. La série d’articles centrés sur son ascension m’avait donné plus qu’une carte de visite. Mais une fois Peter entré dans le circuit officiel, je passais au carnet métro du journal, côté enquêtes et relations avec la police. Je coupais les ponts avec mes copains de la boxe.
Je me remémorais encore des mots comme « percutant comme l’acier, plus rapide qu’une bombe, la nouvelle roll’s de la boxe underground sera ce soir a son premier match. Il doit faire bonne impression et il le fera, car c’est quitte ou double ! »

Le son de la cloche final retentit à nouveau dans ma tête, au moment ou Bob assénait un puissant crochet de toute beauté au nez du maitre incontesté des rings depuis 5 ans. Le challenger qui se tournait vers la foule, le protège dent craché au sol et un sourire de joie qu’il affichait.

De fait j’avais trop peur qu’on ne m’assimile à un journaleux sportif, pour le reste de mes années. Cependant ma carrière au Métro m’attira pas mal d’ennuis, me faisant regretter le cahier sports… J’avais eu droit à 5 titres en manchettes, deux assignations à comparaitre devant le tribunal pour avoir dit la vérité sur les dessous de table de quelques gros bonnets, des meurtres étouffé pour ne pas déplaire a la mairie ou a des policiers ambitieux. Je m’étais fait pas mal d’ennemis, même au sein du journal.

Sa m’avait valut de me faire lourder comme une brique du Chronicle, pour un motif plus que simple: ma tête ne plaisait pas au nouveau patron. Ma tête et mes idées.

Après une année en free-lance, à bouffer à tout les râteliers, je dégotai un job peu ragoûtant: Harvey Weimbaugh, le roi du tabloid me demandais pour son hebdomadaire de caniveau. Son papier tirait à 50 000 exemplaires et il rencontrait un succès fou. Sa me tuait de voir des flics prêt a tout pour gagner quelques billets, et voir Weimbaugh s’empiffrer de scandales de tailles diverses. Sa proposition était de me mettre au carnet sport de « Whisper » pour couvrir les grands matchs, les petits gars qui monte, en plus de toutes les conneries qu’ils faisaient. Et plus c’était sale et dégueulasse, plus il aimait sa. Pour 5 dollars la ligne. Devant le taux d’imposition qui grimpait, j’avais accepté.

Ce n’était pas la joie. Ma réputation pouvait être rangée a côtés des articles de presses découpés et encadrés, qui prenaient la poussière. Il était loin le temps de mes articles coups de poings et ou je bossais en tandem avec Garry Saunders, un flic des Mœurs. On apprendrait a m’oublier et j’oubliais avec le whisky.

Durant toute mes années ou j’avais galérer, j’avais suivi de loin la carrière de Pete, sans oser montrer le bout de mon nez devant lui. J’avais honte. Son droit n’avait rien perdu de sa puissance, quand je l’avais vu en match amical hors circuit, lors d’une rencontre dans le quartier de Natividad. Il avait gardé cette envie et cette rage de vivre, qu’il transmettait aux mioches des quartiers pauvres.

L’annonce de sa mort m’avait foutus sur les rotules. L’image de son corps ensanglanté, dans sa propre salle de sport. Un poids qui lui avait gentiment explosé le crâne.
Les flics ne voulaient pas que sa ne sorte pas de là, pour eux c’était un accident malencontreux de poids. Pourtant Peter était loin d’entre un manche avec des haltères. Il m’avait fallut moins d’une minute pour me rendre compte que Pete avait payé son honnêteté cher. Ne pas se coucher au 5ème round pour le pognon, lui avait permis d’avoir le pass pour l’Eden des boxeurs : les Mi-lourd. Il était fier a l’idée de se confronter enfin au plus grands du circuit de la boxe des lourds, de plus de 150 kilos. Mais un changement de catégorie, voulait dire aussi un changement des règles…

J’en avais mal aux tripes. Ce mec n’avait pas 30 ans. J’avais de la bile dans l’estomac et une haine à faire pâlir un prêtre. J’arrachais la feuille de la machine. Je n’y avais pas écrit un mot. Comment moi, l’homme qui avait bâtis sa légende en quelques articles, pouvait se retrouver a chercher les mots d’une épitaphe quelque conque pour un gars qui était plus qu’un boxeur ?
Je ne pouvais pas le faire. Je ne pouvais pas me le permettre.

J’avais encore une carte à jouer et je voulais la tenter, pas pour me prouver quoique ce soit, ni même offrir a Weimbaugh un article sensationnel. Je voulais que Pete ne soit pas oublié.
Il n’avait pas pu s’offrir un dernier tour de piste, j’allais donc lui offrir le dernier voyage…

J’attrapais le téléphone et demandais le numéro de Saunders. Celui-ci après s’être fait lourdé pour s’être fait taillé une pipe par une de ses protégées, avait raccroché et s’était prit une licence de privé.

Il me fallut moins d’une minute pour le convaincre de se jeter avec moi dans cette histoire.

En raccrochant je tombais sur la photo qui devait figurer sur l’article-hommage dans moins de 3 jours. On voyait Peter, les gants autour du coup, brandissant la ceinture et un sourire provocateur aux photographes.

Je me disais en moi-même que je partais pour un combat et que ce n’était que le premier round. Un match à quitte ou double…







Le Puits aux Souhaits
Angeldust

Les lumières se mélangent encore une fois.

Dans une mêlée floue et diffuse, les points lumineux tournent sur eux-mêmes comme lors d’une danse frénétique, virevoltant dans un désordre absolu et magnifique. Sarah ferme les yeux en se massant les tempes. La pression de ses doigts crée de nouvelles couleurs, des teintes inconnues dont elle peine à ignorer l’existence. Tel un déluge de nuances balayant d'improbables étendues polychromes que son regard clos ne peut plus soutenir, cette sensation de vertige se déverse dans son cerveau. Le monde extérieur s'évanouit lentement.

La jeune femme prend une profonde inspiration et tente de chasser ce saisissement. Elle lutte avec désespoir pour ne pas sombrer dans la béatitude et l’extase que lui inspirent ces coloris. Non, elle ne veut pas se laisser hypnotiser et perdre le contrôle. Doucement, elle se lève et se dirige vers la salle de bain en évitant de se prendre les pieds dans la masse d’objets incongrus qui traînent par terre. Tout en essayant de garder son calme, Sarah passe sa tête sous le mince filet d’eau que crache le robinet. Lorsqu’elle ouvre de nouveau les yeux, l’appartement a repris le ton morne et fade qu’il a l’habitude de revêtir. À travers la glace qui se tient en face d’elle, son nid douillet reprend enfin sa pigmentation naturelle : brun saturnien, gris revêche, vert maussade... Elle scrute fébrilement chaque recoin à la recherche de scintillements colorés.

Puis elle croise sa propre silhouette.

Elle se trouve ridicule. Petite Sarah dans son tailleur noir, sa blonde chevelure mouillée ondulant sur sa veste, debout avec un air hagard devant son beau miroir qui n’ose lui dire à quel point elle est belle. Et il y a aussi ces kilos en trop, ces légères rondeurs intrépides qui s’échappent à la moindre inattention et attirent tant le regard des hommes.

La télévision atténue souvent ces dérives chromatiques. Branchée sur une chaîne quelconque, la jeune cadre ressasse sa journée. Il y a eu la démission de Nathanaël, parti comme une furie, cette femme enceinte qui voulait prendre ses congés trop tôt, Éric et ses problèmes d’alcool au travail, Emma et son autorité bancale sur la ligne de production, cet étudiant juvénile au beau sourire éclatant qui postulait pour un stage dont il n’avait absolument pas le profil... Autant dire que directrice des ressources humaines rime avec assistante sociale. Sarah a toujours reçu les personnes en privé dans son grand bureau constamment en pagaille et elle est appréciée de tous pour cela. Pour sa qualité d’écoute également. Pendant de longues heures, elle s’ouvre à son interlocuteur et recueille non seulement ses paroles, mais aussi une partie de son âme.

En effet, elle est comme un réceptacle à émotions, une catharsis à elle seule. À la manière d’un puits sans fond, elle ingurgite les émois de ses prochains, les digère et les comprend. Depuis sa plus tendre enfance, elle a été celle à qui on se confiait, sans retenue aucune, juste pour s’apaiser. Mais ce que peu de gens savent, c’est qu’elle a une capacité d’empathie sans limite. Elle pleure, elle rit, elle s’indigne et se plaint en même temps qu’elle assimile. Son cœur est un livre de romances, d’intrigues, d’amour et de haine qui tous les jours se réécrit à l’infini. Quand les autres parlent, elle sent une boule dans son ventre qui irrémédiablement se contracte et se modèle, tel un morceau d’argile humide que l’on courbe de sa main afin de donner l’empreinte de sa créativité. Au fond d’elle même, elle peut percevoir le vase débordant de son amabilité qui ruisselle et la submerge d’une volonté infaillible de secourir chaque individu.

La sonnerie tire Sarah de son état léthargique.

Le livreur de pizzas.

Une trois fromages et une quatre saisons.

Sitôt l’homme reparti, elle se vautre à nouveau sur son sofa et ouvre la première boîte. Une bonne odeur d’Italie envahit alors ses narines, comme si devant elle les tomates et les fromages se déposaient délicatement sur la pâte avant d’aller lascivement se dorer dans le four. Elle ne peut se retenir de humer les effluves délicieux de son dîner en fermant les yeux, aspirant l’essence du parfum comme on savoure une cigarette. Puis elle commence à manger tout en gardant le regard fixé sur le poste de télé. Un jingle annonce le début d’une toute nouvelle émission, où des jeunes gens sont enfermés dans un luxueux château et chantent pour passer le temps.

Elle ne se rend compte de rien, car elle est obnubilée par les candidats qui chacun ont leur lot de joies et de pleurs. En à peine cinq minutes, elle termine sa première pizza avec une avidité cachée et inconsciente. Tout en écoutant un autre prétendant à la gloire chanter, elle déballe la deuxième boîte, sans même la sentir ni la regarder. Elle s’empiffre plus rapidement encore, plus par nécessité que par réelle faim. Elle est ignorante de ce besoin involontaire de se remplir, par tous les moyens possibles, comme si non seulement son esprit, mais aussi son corps devait frôler à tout moment l’overdose. Sarah comble le gouffre de son être tout en souhaitant que celui-ci craque afin d’abréger cet insatiable désir, tant sur le plan émotionnel que physique. Partout, à chaque instant, elle engloutit la substance de la vie, telle une affamée. La nourriture glisse dans sa gorge et va combler le vide de sa personne, pareillement aux émotions qui fusionnent dans son cœur. Son dîner terminé, elle a encore faim, comme d’habitude. Elle se déplace jusqu’au frigo où elle picore ci et là quelques cochonneries, quelques friandises, beaucoup de chocolat.

Les lumières dansent derechef. Elles forment en écho la silhouette d'un ange. Deux magnifiques ailes luminescentes, et voilà cet être imaginaire s'envole. Sarah aurait tant voulu être comme ça, fine et gracieuse. Un ange passe, et les lumières se remettent à danser.

Cette fois-ci, ce n’est pas dans la tête de Sarah. Non, ce sont les lueurs de l’ambulance qui file à toute vitesse dans les rues de la ville. Rouge et bleu se métissent frénétiquement dans la nuit tandis que les infirmiers diagnostiquent un accident accident vasculaire cérébral.

Elle se sent vide, telle une outre percée qui se répand petit à petit et dont les gouttes disparaissent à jamais dans le néant. Les perles de liquide nutritif de la perfusion ne suffisent pas à la remplir totalement. Elle est comme un ballon crevé que personne ne daigne regonfler. Autour d’elle, le silence pèse de tout son poids sur l’atmosphère aseptisée de l’hôpital. Encore et encore, elle entend, impuissante, son propre souffle qui résonne en écho dans l’air lourd et sec. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle a besoin de s’emplir, par n’importe quel moyen, d’écouter quelqu’un lui parler, de manger et de boire... De se sentir vivre. Un geste de la main lui demande tant d’effort que Sarah a abandonné l’idée de se lever. Ses appels enragés n’ont attiré que le mépris des internes et maintenant, à ce moment précis de son existence, dans cet endroit trop propre, trop rangé et trop inodore, la jeune femme se sent terriblement seule. Elle ne supporte plus sa respiration.

Elle ferme de nouveau les paupières. Les lumières ont cessé de danser. Elle ne voit rien d’autre que les ténèbres.

Et cela l’effraie.








La Femme aux Milles Vases.
Angeldust

Dans le village de mon père vit une vieille veuve aux vertes vertus, toujours volage et vigoureuse malgré la venue de l’âge. Les belles rides qui entourent son visage se plissent en de sublimes et sinueux sentiers, témoins de son heureux mariage. A la fois bénis et exécrables, ils creusent les traces du temps, emmènent les souvenirs comme s’envolent les ans. Elle vous dira toujours qu’elle n’a aimé qu’un seul homme, un éphèbe romantique qui la serrait dans ses bras quand l’hiver amenait la brise et le froid. Elle en parle comme d’une pensée sucrée qui jadis la berçait, et sur ses lèvres brunes on peut lire le sourire d’une femme heureuse. Les années sont cruelles, la Mort fait son œuvre, mais elle croit trouver dans la Vie une face cachée dont elle jouit avec force et volupté. Son bonheur se transvase dans les amants qui la possèdent, un jour, une nuit, dans une étable ou dans un lit.

Je la regarde avec honte et fascination, moi jeune frêle fermier, fragile au cœur et à la chaire, elle femme fatale et fugitive, frappant de plein fouet ma candeur. Mes prunelles se plongent dans sa générosité qui, constamment vaillante mais jamais vulgaire, plait à mes rêves les plus osés. Elle aurait pu être ma mère, mais oh combien aurait-il été doux de pouvoir sucer son sein, de l’avaler toute entière. J’aurais aimé être un de ses vases qu’elle collectionne amoureusement et qu’en un instant fugace elle y déverse tout ses sentiments. Je pense aux plis de sa peau qui me possèdent et se recourbent sur mon corps, tel une étreinte malsaine dont je n’en ressortirai qu’ivre mort. Je bois son aura, je mange sa beauté, celle qui ne se voit que si elle le permet. Ange de l’Infortune, brise les chaines qui font de ma pudeur une enclume et de ma censure un marteau, ait pitié d’un garçonnet n’ayant jamais connu la volupté.

Voilà trois semaines qu’elle n’est pas sortie. On la dit malade, pauvre chose, mais nul n’ose lui rendre visite. C’est une sorcière à présent, une mangeuse d’hommes, mâchant entre ses mandibules la virilité des mâles. Elle est une succube, et c’est Satan qui a surgit pour s’étreindre soudainement, une ultime fois, avec la voleuse de corps, la gobeuse de mari, l’arracheuse conjugale. Partout la même scène : les langues se délient pour siffler sur ses soixante printemps.

Je me suis glissé dans la chaumière, et y vis une vieille dame, ridée et affaiblie par un mal qui a procuré tant de joies et de plaisirs. Son chignon défait déferlait le long de ses épaules dénudées. Son visage pâle me sourit. Elle était un cadavre d’une exquise beauté. On eut dit qu’elle voyait son seul et unique mari. Dans un souffle qui sentait la menthe et les épices, dans un effort qui semblait être un supplice, elle glissa à mes oreilles la plus magnifique des phrases. Aussi sublime que nos impossibles ébats, elle fit de moi son dernier vase.

« C'est une belle journée pour mourir, ne trouvez-vous pas ? »
_________________

Lancedragon (Sturm).
Mekton Z (Yoko Hakuyasu).
Mountain of Madness (Prof Muller)
Vampire (Erik)
Nobilis (???)
Tir Mor (???)


Patient 13
Qin
ResPublica Romana
Battlestar Galactica
Dungeon Crawl
Appel de Chtulhu
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:32 (2017)    Sujet du message: Saison n°1 du jeu d'écriture

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Les Clés de Fort Yameld Index du Forum -> DISCUSSIONS HRP -> ARCHIVES -> Parties abandonnées -> ACTIVITES EXTRA-RÔLISTES -> Jeux de Mots -> Jeu d'écriture Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer son forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
darkages Template © larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com