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La France et le protestantisme au XVIeme siecle

 
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Orland
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MessagePosté le: Jeu 23 Mai - 11:14 (2013)    Sujet du message: La France et le protestantisme au XVIeme siecle Répondre en citant

Le développement du protestantisme français

Les premiers troubles religieux apparaissent sous le règne de François Ier (1515-1547). Malgré son inclination pour l'humanisme, le roi considère la Réforme comme néfaste à son autorité. En 1529, Berquin, un ami d'Erasme est exécuté. À partir de l'affaire des Placards (1534), le roi se met à persécuter les protestants. En 1545, 3000 Vaudois du Luberon sont massacrés à Mérindol sur l'ordre du Parlement d'Aix et avec l'assentiment du roi.

C'est sous le règne de son fils Henri II (1547-1559), que les tensions religieuses augmentent dangereusement. Le roi met en place une législation antiprotestante. Il multiplie les édits répressifs. L'édit de Compiègne de 1547 réserve aux tribunaux laïcs le jugement des protestants dès qu'il y a scandale public. L'édit d'Ecouen de 1557 demande d'abattre sans jugement tout protestant en fuite ou révolté4. En 1559, les lettres d'Ecouen donnent mission à certains notables de se rendre en province pour réprimer l'hérésie. Enfin la "chambre ardente" créée en 1547 au parlement de Paris pour condamner au bûcher les "hérétiques" fait exécuter en deux ans 37 personnes.
Malgré cette persécution, le protestantisme connaît un essor considérable. La répression voulue par le roi reste limitée par la faiblesse de ses institutions. Le roi ne dispose pas d'un encadrement judiciaire suffisamment important pour mettre en œuvre sa politique. Les édits sont mal appliqués du fait qu’une partie non négligeable de ses officiers éprouve des sympathies pour la Réforme. Le protestantisme se diffuse surtout en milieu urbain parmi les gens qui ont accès à la culture : bourgeois, artisans, gens d'église, érudits, écrivains et officiers de justice. Le roi réagit. L'édit de Châteaubriant, en 1551, précise minutieusement les modalités de la répression. On augmente les peines qui frappent les libraires, éditeurs et diffuseurs de livres interdits. Il n'empêche.
La noblesse française viendra à la réforme, à partir de 1555. Des grands personnages de la cour, tels que le prince de Condé et François d'Andelot, contribuent à son développement. À la fin du règne d'Henri II, le protestantisme réalise de tels progrès que les premières églises se forment.
La réaction du roi est brutale. Elle l'est à l'image de l'arrestation de six conseillers au parlement de Paris, dont Anne du Bourg, lors de la séance du 10 juin 1559. Le roi meurt un mois plus tard. Sa disparition ouvre une période d'incertitude. Le traité du Cateau-Cambrésis a laissé la noblesse sans emploi et disponible pour des guerres intérieures.



Les tensions s'exacerbent

En 1560, différents partis s'opposent pour contrôler le pouvoir royal placé depuis juillet 1559 entre les mains du jeune roi François II, âgé de 15 ans et de santé fragile. Celui-ci confie le gouvernement aux oncles de son épouse, le duc de Guise et le cardinal de Lorraine partisans catholiques de la fermeté à l'égard des protestants. La légitimité de leur présence au pouvoir est remise en cause par les protestants dont le prince de Condé.
Les plus extrémistes d'entre eux font un procès secret aux Guise. Un gentilhomme français, réfugié en Suisse, La Renaudie, se charge d'exécuter la sentence. Cela aboutit à la Conjuration d'Amboise. La Renaudie recrute cinq cents gentilshommes. Il veut surprendre la Cour à Blois, le 6 mai 1560. Mais les Guise sont prévenus. La Cour s'enferme donc à Amboise. Les conjurés, qui veulent s'introduire clandestinement dans le château d'Amboise, sont trahis. L'attaque a cependant lieu. Mal organisée, elle échoue. La répression est féroce. Les conjurés faits prisonniers sont pendus sur la terrasse du château. De nombreux protestants sont révoltés par cette répression qui leur inspire des sentiments de haine. À la Cour, la conjuration d'Amboise fragilise la position des Guise et renforce celle de la reine-mère Catherine de Médicis plus disposée qu'eux à une politique de conciliation. Entourée de conseillers modérés et proches de la Réforme, elle obtient du roi l'amnistie des "crimes d'hérésie", la convocation des États généraux et la préparation d'un concile national.
Les plus déterminés des protestants tentent des coups de force. Des églises sont occupées. La répression reprend de plus belle en septembre. Le prince de Condé est arrêté sur l'ordre personnel du roi. Certains évêques et présidents de parlement appellent l'armée royale à l'aide. En Languedoc, le comte de Villars met en fuite les ministres protestants et rend les églises au culte catholique.

À la mort de François II en décembre 1560, Catherine de Médicis ouvre la Régence au nom du tout jeune Charles IX, dix ans. Elle écarte les Guise du pouvoir et cherche avec le chancelier Michel de l'Hospital un terrain d'entente entre catholiques et protestants. Le débat religieux donne alors naissance à un intense débat politique. D'un côté les catholiques veulent faire l'unité religieuse autour du roi au nom du vieil adage : « Un roi, une loi, une foi ». De l'autre, un courant s'efforce de disjoindre les problèmes politiques et les problèmes religieux afin de maintenir, avant tout, la cohésion de l'État ; les tenants de ce courant considèrent qu'en matière de religion, il faut définir les points essentiels sur lesquels s'entendre. Les protestants et les catholiques qui leur sont opposés les désignent sous le terme de moyenneurs pour les premiers et de politiques pour les seconds.
Les États généraux qui se déroulent durant l'été 1560 voient deux points de vue s'opposer : ceux qui veulent extirper l'hérésie par la force d'une part, et ceux qui, d'autre part, craignent que la répression ne ruine le royaume. L'ordonnance d'Orléans de 1560 est prise au nom du roi peu après la fin des États généraux. Elle donne à certaines prescriptions religieuses la caution de l'autorité publique. Ainsi, il devient obligatoire de chômer le dimanche, interdit de se moquer de la religion16... Au printemps 1561, les tensions montent. Les prédicateurs catholiques enflamment les foules. Les protestants se sentant menacés commencent à s'armer, commencent à fortifier les villes sous leur contrôle et même à y interdire le culte catholique. Le synode de Sainte-Foy (novembre 1561) crée une organisation militaire protestante et désigne les chefs de guerre. La régente autorise le colloque de Poissy pour essayer de maintenir l'unité religieuse et éviter la guerre. Douze ministres protestants dont Théodore de Bèze exposent leur doctrine face à un parterre de clercs catholiques. Mais la confrontation se solde par un échec après l'intervention du général des Jésuites Lainez qui explique qu'on ne peut discuter des vérités établies par l'Église catholique avec des excommuniés.
L'année 1561 est l'apogée du protestantisme en France. Il y a environ deux millions de protestants en France. Fin 1561, il y a plus de six cent soixante-dix Églises réformées dans le royaume. On estime qu'à ce moment près du dixième de la population du royaume est huguenot. L'animosité devient extrême à la fin de l'année. Le protestantisme français, cessant d'être exclusivement une Église, est devenu un parti.
Le pays est au bord de la crise religieuse. En fonction du clientélisme nobiliaire, les gentilhommes choisissent le parti protestant autour de Condé et des Châtillon ou celui catholique autour des Guise et des Montmorency, chefs de file des catholiques intransigeants. Le 17 janvier 1562, Catherine de Medicis promulgue l'Édit de janvier 1562 qui constitue une véritable révolution puisqu'il autorise la liberté de conscience et la liberté de culte pour les protestants, à la condition que ceux-ci restituent tous les lieux de culte dont ils s'étaient emparés et que les offices se déroulent en dehors des villes closes. La tolérance civile instaurée par la reine va produire l'effet contraire à celui recherché. Entre le 28 janvier et le 11 février 1562, un nouveau colloque se réunit sans résultat. Dans beaucoup d'endroits, les protestants détruisent les chapelles et les églises plutôt que de les rendre. Ils pratiquent ainsi ce qu'ils appellent le vandalisme pédagogique. En détruisant les images, les croix, ils font remarquer que Dieu reste muet devant ces profanations.


Première guerre de religion (1562-1563)

La marche à la guerre est déclenchée le 1er mars 1562 par le massacre de Wassy. François de Guise, revenant de Lorraine, se rend compte que les protestants de Wassy, ville close, célèbrent leur culte dans la ville et non en dehors comme le veut l'édit de janvier. Il charge avec ses troupes et tue 74 protestants, en blesse une centaine parmi les quelque 1 200 regroupés dans une grange. À son retour à Paris, Guise est accueilli en héros et le peuple réclame une croisade contre les huguenots. Le massacre de Wassy déclenche une première "Saint Barthélémy" Des protestants sont massacrés à Sens, à Tours, dans le Maine, en Anjou. Les protestants prennent les armes sous la direction du prince Louis de Condé qui occupe Orléans. Ils s'emparent par surprise de plusieurs grandes villes. La lutte s'organise pour le contrôle de l'espace urbain. En un mois, les protestants parviennent à s'emparer d'un grand nombre de villes dont de très importantes comme Lyon, Poitiers ou encore Rouen la deuxième ville du pays. Les massacres se multiplient des deux côtés. Le pays s'installe dans la guerre civile. Prise au dépourvue par la précipitation des événements, Catherine de Médicis tente une ultime démarche pour maintenir la paix, mais le duc de Guise entreprend un coup de force en surgissant avec ses troupes à Fontainebleau où la famille royale se trouve. Il contraint le jeune roi et sa mère à le suivre à Paris sous le prétexte de les protéger des protestants, les obligeant par ce moyen à prendre le parti des catholiques.

Le conflit se répartit sur trois principales zones de combat. La plus importante est celle qui se déploie en Normandie et sur la Loire où l'armée royale tente de reprendre Orléans qui sert de point de ralliement des protestants. La deuxième zone de combat se situe dans le Sud-Est, en particulier en Languedoc abandonné presque entièrement aux protestants, et la troisième zone de combat se déroule dans le Sud-Ouest où Burie (Charles de Coucis), Lieutenant général en Guyenne, aidé de Blaise de Monluc sauve Bordeaux et bat les protestants à la bataille de Vergt. C'est une troupe réduite qui rejoint Condé à Orléans.

L'armée protestante est encadrée par des réseaux nobiliaires expérimentés mais doit faire appel à des mercenaires allemands. Avec le traité d'Hampton Court, signé en septembre 1562, elle a le soutien financier de la reine d'Angleterre à qui les réformés livrent Le Havre. Les protestants échouent cependant à réunir leurs trois armées (sud-ouest, sud-est, vallée de la Loire). Ils mènent plusieurs assauts sur les faubourgs de Paris mais doivent se replier faute de pouvoir s'imposer.

Après la prise de Rouen où le roi de Navarre a trouvé la mort, l'armée royale commandée par les triumvirs se porte sur la Loire pour empêcher la jonction de l'armée de Condé avec la ville du Havre qui venait d'être livrée par les protestants aux Anglais. La rencontre a lieu à Dreux, le 19 décembre 1562. Les protestants sont battus et le prince de Condé est capturé mais le camp catholique souffre également de plusieurs pertes ; le maréchal de Saint-André est tué et le connétable Anne de Montmorency fait prisonnier par les protestants.

La mort de François de Guise au siège d'Orléans dans une embuscade à Saint-Mesmin permet à Catherine de Médicis de proposer la paix. Elle lance des négociations avec le prince de Condé qui aboutissent le 19 mars 1563 à l'édit d'Amboise.
L'édit autorise le culte protestant dans certains lieux réservés (chapelle des châteaux, une ville par bailliage) et rouvre une période de tolérance civile. Il précise que personne ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses.

Si les villes de Rouen, Orléans et Lyon sont rendues au roi, la guerre y a laissé de lourdes plaies (la première guerre de religion a été très destructrice). Les églises et les cathédrales prises par les protestants ont été extrêmement endommagées. La fin de la guerre amène beaucoup de catholiques à se venger des protestants et durant l'année 1563, de nombreux procès sont intentés pour condamner les protestants qui ont pillé les églises.
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« Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle. »


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MessagePosté le: Jeu 23 Mai - 11:14 (2013)    Sujet du message: Publicité

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